Kessel

Récit Liant #6 : Financer les pays touchés par le réchauffement climatique

Et comment le levier de l'énergie permet de résoudre pas mal de soucis.

Récit Liant
3 min ⋅ 25/08/2025

🚨 Problème : Pourquoi les pays vulnérables peinent à accéder aux financements climatiques ?

🎯 Enjeux : Équité, urgence climatique, et résilience, les enjeux du NDF

🌍 Récit Liant : Satu Santala, celle qui repense les critères ESG

🛠️ Que pouvons-nous faire pour soutenir les financements climatiques inclusifs ?

🤔 Le post à impact de la semaine

🚨 Problème

Les pays en développement, souvent les plus exposés aux impacts du changement climatique, peinent à accéder aux financements nécessaires pour s’adapter ou atténuer ses effets. Les mécanismes traditionnels — prêts internationaux, subventions conditionnelles, fonds publics — sont trop souvent lents, bureaucratiques, et mal adaptés aux réalités locales. Les critères d’éligibilité excluent les petits acteurs, les communautés rurales, ou les femmes entrepreneures, pourtant en première ligne face à la crise.

🎯 Enjeux

C’est dans ce contexte que le Nordic Development Fund (NDF), créé en 1989 par les pays nordiques, a choisi d’agir différemment : en ciblant spécifiquement les pays à faible revenu et en situation de fragilité, où les besoins sont les plus urgents et les solutions les plus rares.

Le NDF ne se contente pas de financer des projets climatiques. Il construit un pont entre deux mondes souvent déconnectés : celui de l’urgence climatique et celui du développement humain.

En 2024, le fonds a mobilisé 1,3 milliard d’euros, permettant à 32 millions de personnes — dont la moitié sont des femmes — d’accéder à une énergie propre, tout en créant 66 000 emplois dans des régions où le chômage frappe durement. Son approche repose sur des partenariats avec des institutions publiques et privées, pour maximiser l’impact et la durabilité des projets.

EXEMPLE : au Bangladesh et au Sahel, des programmes d’électrification rurale ont non seulement réduit les émissions de CO₂, mais aussi libéré des milliers de femmes et d’enfants de la corvée quotidienne de recherche de combustible.

En Afrique subsaharienne, où seulement 40 % de la population a accès à l’électricité, le NDF a cofinancé des mini-réseaux solaires dans des villages isolés. Ces installations, gérées par des coopératives locales, ont permis à des écoles de rester ouvertes le soir, à des cliniques de conserver des vaccins, et à des petits commerces de doubler leurs revenus.

L’accent mis sur l’égalité de genre — avec des formations réservées aux femmes pour gérer ces infrastructures — a aussi brisé des barrières culturelles, prouvant que la transition énergétique peut être un levier de justice sociale.

Pour amplifier son impact, le NDF s’appuie sur trois leviers clés.

-D’abord, renforcer les partenariats locaux : en impliquant les acteurs de terrain (ONG, municipalités, entreprises sociales), les projets sont mieux adaptés aux besoins réels et moins susceptibles d’échouer.

-Ensuite, innover dans les mécanismes de financement : le fonds combine subventions, garanties et prêts concessionnels pour attirer des investisseurs privés, souvent réticents à s’engager dans des zones à risque.

-Enfin, mesurer l’impact social et climatique avec des indicateurs précis — nombre de bénéficiaires, tonnes de CO₂ évitées, emplois créés — pour ajuster les stratégies en temps réel.

Pourtant, malgré ces avancées, un problème persiste : seulement 10 % des financements climatiques mondiaux atteignent les pays les plus pauvres. Pourquoi ?

Trois obstacles majeurs se dressent : la complexité administrative (des dossiers de demande de fonds inaccessibles aux petites structures), le manque de capacités locales (des institutions sous-équipées pour monter des projets bancables), et les risques perçus par les investisseurs (instabilité politique, corruption, rendements incertains).

Le NDF tente de contourner ces écueils en simplifiant les procédures et en formant les porteurs de projets, mais l’ampleur de la tâche reste colossale.

🌍Récit Liant :

Satu Santala, nommée directrice générale du NDF en 2023, incarne cette volonté de transformation.

Avec plus de 20 ans d’expérience dans la finance climatique et le développement international, elle a pris les rênes du fonds au moment où la crise climatique exigeait une réponse plus audacieuse et plus inclusive.

Dès son arrivée, elle a lancé une réforme des critères de financement pour accélérer l’accès aux fonds pour les petits acteurs locaux, et a insisté pour que chaque projet intègre une dimension genre, reconnaissant que les femmes sont à la fois les plus touchées par le changement climatique et des actrices clés de la résilience.

Sous sa direction, le NDF a aussi renforcé ses partenariats avec des banques de développement africaines et asiatiques, permettant de démultiplier l’impact des financements.

"Nous ne pouvons plus nous contenter de financer des projets, nous devons financer des transitions", déclare-t-elle. En 2024, cette approche a permis de lever 1,3 milliard d’euros — un record pour le fonds — et de soutenir des initiatives comme l’électrification de 500 écoles au Mozambique ou la formation de 10 000 agriculteurs kényans à l’agroécologie.

Étude de cas : le projet "Solar Sisters" au Mozambique

  • Porteur : Une coopérative féminine de 200 membres, sans historique financier.

  • Financement : 3,5 millions d’euros (mix subvention + prêt à taux zéro), obtenus en 5 mois grâce au fast-track genre.

  • Impact :

    • 5 000 foyers électrifiés via des kits solaires assemblés localement.

    • 120 emplois créés (100 % femmes), avec formation en maintenance et gestion.

    • Réduction de 2 000 tonnes de CO₂/an (remplacement des lampes à kérosène).

  • Innovation ESG :

    • Score ACCR : 4,5/5 (résilience climatique élevée).

    • Indice d’autonomisation des femmes (WEAI) passé de 0,4 à 0,75 en 18 mois.

Mais pour Satu Santala, le vrai défi reste l’équité.

"Les pays qui ont le moins contribué au changement climatique ne devraient pas avoir à choisir entre développement et survie", rappelle-t-elle.

Son objectif pour 2025 ? Doubler le nombre de projets portés par des femmes et étendre les financements aux pays les plus fragiles, comme le Yémen ou Haïti, souvent laissés pour compte par les grands fonds climatiques.

🛠️ Que pouvons-nous faire ?

Mais pour amplifier cet impact, chacun peut agir.

-Sensibiliser en partageant des exemples concrets comme ceux du NDF.

-Soutenir des entreprises sociales ou des associations locales qui innovent pour le climat.

-Exiger la transparence des institutions financières, pour que les fonds climatiques profitent vraiment à ceux qui en ont le plus besoin.

Et si vous êtes spécialiste ESG :

  • Intégrer ces critères dans vos propres grilles d’analyse pour les projets Sud.

  • Soutenir les initiatives locales via des partenariats avec des fonds comme le NDF (ex : cofinancement, assistance technique).

  • Exiger la transparence : Utiliser des plateformes comme OpenNDF pour tracker l’impact réel des financements.

  • Plaidoyer : Pousser pour que les fonds climatiques publics adoptent des critères aussi ambitieux.

🤔 Le post à impact de la semaine


Et sinon :
-pour un autre post de type newsjacking, tu peux lire ce post.

-enfin, si tu réfléchis à une stratégie Linkedin pour ton activité à impact,
voici la 1ere étape !

Merci pour le soutien et à bientôt pour d’autres Récits Liants !

Récit Liant

Par Benjamin Gensburger, Ghostwriter pour un monde durable

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