Kessel

Récit Liant #31 : Des boues et débats

Le grand vide juridique qui profite a un petit groupe.

Récit Liant
4 min ⋅ 02/03/2026

Bonjour bonjour, ici Benjamin, votre enquêteur des transitions.

Récit Liant, c’est la newsletter qui recrée du lien via des solutions pour des transitions plus douces.

Je mets mon énergie dans chaque sujet en essayant d’avoir une analyse systémique et factuelle, bienvenue dans cette nouvelle édition !

Si ça vous intéresse d’aller plus loin, vous pouvez :

C’est parti !

Sommaire

💶 Cette semaine : L’actu levée de fonds à impact en 30 secondes (4 pépites)

🚨 Problème : pourquoi la France a-t-elle fermé les yeux pendant 20 ans ?

🎯 Enjeux : santé publique, responsabilité industrielle, vide juridique

🌍 Récit liant : l’histoire d’Anne et Sébastien Abraham, maraîchers sacrifiés

🛠️ Que pouvez-vous faire ? Agir, alerter, exiger la transparence

💡 Une méthode marketing à copier pour parler de pollution (+ accroches Linkedin type)

🎁 La pépite de la semaine

🤔 Le post à impact de la semaine et le levier marketing utilisé sur Linkedin

💚 Mes news

C’est parti !

💶 Cette semaine : L’actu levée de fonds à impact en 30 secondes (4 pépites)

  • Suez lève 100M€ pour industrialiser son procédé de destruction des PFAS dans les boues d’épuration, en partenariat avec le CNRS. Objectif : un pilote opérationnel d’ici 2029AFP.

  • Veolia investit 20M€ dans une unité de production de biométhane à partir de boues d’épuration en Île-de-France, avec un modèle économique vertueux : revendre le gaz produit

  • Verley, entreprise française spécialisée dans le développement d'ingrédients à forte valeur nutritionnelle à base de protéines de lait, produits par fermentation de précision, annonce avoir finalisé une Série A sursouscrite de 32 millions d'euros (incluant le non dilutif), quatre ans seulement après sa création.

  • THE 8 IMPACT lève 2 M€ pour industrialiser une alternative compétitive aux matières vierges dans la chaussure pour accélérer l'industrialisation de matières régénérées haute performance destinées aux semelles de baskets, issues de chaussures et balles de tennis en fin de vie

🚨 Problème : pourquoi la France a-t-elle fermé les yeux pendant 20 ans ?

Depuis les années 2000, la papeterie Ahlstrom de Stenay (Meuse) a épandu ses boues chargées en PFAS sur des terres agricoles, avec l’aval des préfectures. Malgré des signalements pour « manquements graves », aucune mesure n’a été prise. Résultat : 16 communes privées d’eau potable, des sols contaminés à des niveaux records (jusqu’à 457 µg/kg), et des maraîchers ruinés. Pourquoi ? Un vide juridique, une « omerta » industrielle, et une politique d’épandage encouragée par l’État, malgré les risques connus.


🎯 Enjeux : santé publique, responsabilité industrielle, vide juridique

  • Santé : Les PFAS sont liés à des cancers, des troubles de la fertilité et des maladies métaboliques. Leur persistance dans l’environnement et le corps humain en fait une menace silencieuseAFP.

  • Responsabilité : Les industriels (Ahlstrom, Arkema, Daikin) et l’État sont dans le collimateur. Une enquête judiciaire est ouverte, mais les victimes attendent réparation

  • Réglementation : La France accuse un retard criant. La loi PFAS de 2025 est mal appliquée, et il n’existe toujours pas de normes pour les sols ou les aliments


🌍 Récit liant : l’histoire d’Anne et Sébastien Abraham, maraîchers sacrifiés

En 2022, Anne et Sébastien Abraham s’installent dans les Ardennes, avec un rêve : cultiver des légumes sains, vivre de la terre, et offrir à leurs quatre enfants une vie en harmonie avec la nature. Ils choisissent une parcelle à Villy, un petit village paisible, sans se douter que le sol qu’ils vont travailler porte déjà en lui les stigmates d’une contamination silencieuse et massive. Ce sol, ils l’ont hérité empoisonné.

Pendant des décennies, des milliers de tonnes de boues d’épuration issues de l’ancienne papeterie Ahlstrom de Stenay, située à quelques kilomètres de là, y ont été épandues, avec la bénédiction des autorités locales. Ces boues, présentées comme un « engrais naturel », étaient en réalité chargées de PFAS, ces « polluants éternels » utilisés pour fabriquer des emballages alimentaires ingraissables. Personne ne les a prévenus. Personne ne leur a dit que ces terres, qu’ils allaient labourer, semer, et faire vivre, étaient déjà condamnées.


🔍 Des légumes impropres à la consommation

En 2025, tout bascule. Des analyses réalisées sur leurs légumes révèlent des concentrations record de PFAS bien au-delà des seuils autorisés. Leurs carottes, leurs salades, leurs courges, qu’ils vendaient en circuit court et consommaient eux-mêmes, sont devenues toxiques. Les résultats se confirment. Leur exploitation, leur moyen de subsistance, leur projet de vie, s’effondre en quelques semaines.

En janvier 2026, le couple n’a plus le choix : ils ferment leur ferme. Leurs clients, alertés par la presse, se détournent. Les banques refusent de les soutenir. Leurs enfants, qui jouaient dans les champs, doivent désormais éviter de toucher la terre. On peut dire qu’on leur a volé leur avenir.


📉 Un système défaillant

L’enquête menée par Disclose et France 3, publiée en février 2026, révèle l’ampleur du scandale

  • 44 communes des Ardennes et de la Meuse ont reçu ces boues contaminées.

  • Les taux de PFAS dans les sols de Villy atteignent 457 µg/kg — un record en France pour des terres agricoles.

  • Les légumes des Abraham présentaient des niveaux de contamination 20 à 100 fois supérieurs aux normes européennes.

  • Pourtant, aucune alerte officielle n’avait été donnée aux agriculteurs ou aux habitants. Pire : les autorités continuaient d’autoriser l’épandage de ces boues, malgré les signalements répétés de scientifiques et d’associations.

« On nous a menti. On nous a laissés cultiver du poison. »


⚖️ De la ferme aux tribunaux

Aujourd’hui, Anne et Sébastien ne baissent pas les bras. Ils ont rejoint le collectif de victimes qui a porté plainte contre X pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « tromperie aggravée ». Leur histoire a aussi contribué à déclencher une enquête judiciaire, ouverte en janvier 2026 par le pôle environnemental du tribunal de Nancy.

Mais leur combat ne se limite pas aux tribunaux. Ils témoignent dans les médias, participent à des réunions publiques, et appellent à une mobilisation citoyenne pour exiger :

  • La dépollution intégrale des sols contaminés.

  • L’interdiction définitive de l’épandage de boues industrielles.

  • La transparence sur les zones à risque et les responsabilités industrielles.

Ce qui est sûr c’est que si on ne fait rien, d’autres paysans vont subir le même sort.


🌱 Une lutte qui dépasse les Ardennes

L’histoire des Abraham n’est pas isolée. Elle illustre l’échec d’un système :

  • Un système industriel qui externalise ses déchets sur les épaules des agriculteurs.

  • Un système réglementaire qui ferme les yeux pendant des décennies.

  • Un système politique qui privilégie les intérêts économiques à la santé publique.

Pourtant, leur résistance montre aussi la puissance de l’action collective. Grâce à leur témoignage, des milliers de personnes ont pris conscience du scandale des PFAS. Des associations, comme Générations Futures ou Notre Affaire à Tous, se battent désormais pour faire évoluer la loi. Des citoyens, des scientifiques, des élus locaux commencent à s’organiser.

Faisons entendre ces voix qui portent la réalité du terrain.

🛠️ Que pouvez-vous faire ? Agir, alerter, exiger la transparence

  • S’informer : Suivez les enquêtes de Disclose et France 3 Grand Est.

  • Alerter : Signalez toute suspicion de contamination à votre mairie ou à une association

En février 2026, près de 200 habitants de la région lyonnaise ont lancé une action civile historique contre Arkema et Daikin, accusés d’avoir massivement contaminé leur environnement avec des PFAS. Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des plaintes déposées par des associations et des consommateurs, dont celle de juillet 2025 contre SEB pour « pratique commerciale trompeuse » liée aux poêles Tefal, mettant en lumière l’omniprésence de ces « polluants éternels » dans notre quotidien.

Pourtant, les preuves s’accumulent sans toujours déclencher une réaction à la hauteur de l’urgence. En 2024, huit activistes avaient été interpellés après s’être introduits sur le site d’Arkema à Lyon pour alerter sur ces dérives industrielles. Relaxés le 15 mai dernier par la cour d’appel de Lyon, leur action symbolise la détermination d’une société civile qui refuse de rester silencieuse.


💡 Une méthode marketing à copier pour parler de dépollution (+ accroches LinkedIn type) : Storytelling émotionnel + données chocs + appel à l’action

  1. Accroche : « Saviez-vous que l’eau de 16 communes françaises est impropre à la consommation à cause des PFAS ? Moi non plus, jusqu’à ce que je rencontre Anne, maraîchère ruinée par la pollution. »

  2. Données : « 457 µg/kg de PFAS dans les sols des Ardennes. 27 fois la limite légale dans l’eau potable. 0 réglementation pour les sols. »

Exemple d’accroche LinkedIn : « Les PFAS, ces “polluants éternels”, empoisonnent nos sols et notre eau. Pourtant, en France, on continue d’épandre des boues contaminées sur nos champs.


🎁 La pépite de la semaine : le chant des forêt

«Le Chant des forêts», sublime documentaire qui aborde le sujet de la transmission pour cette passion qu’est l’affût, remporte le César du meilleur documentaire.

🤔 Le post à impact de la semaine et le levier marketing utilisé sur Linkedin

💚 Mes news

Une très chouette conférence sur l’outbound B2B à Lyon. Merci H7 pour ce moment passionnant !

Merci d’être arrivé au bout de cette édition ! Envoie-la à un(e) collègue si ça t’as plu, et à bientôt pour d’autres Récits Liants 💚

Récit Liant

Par Benjamin Gensburger, Ghostwriter pour un monde durable

📬 Ce que je vous envoie.

Cette newsletter, c’est mon carnet d’enquêteur factuel et systémique des transitions, leurs freins, enjeux et solutions.
Un espace dédié à retrouver du lien en faisant une transition douce, heureuse et saine, où chaque lundi à 8h, je vous partage les clés que j’ai trouvé pour avancer à l’aide de ma double casquette scientifique et marketer.

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